Exposition La Danse Macabre De La Ferté-loupière à La Ferte Loupiere du 16 au 17 septembre 2017

Du

16 samedi septembre 2017

au

17 dimanche septembre 2017

09h30

Église Saint-germain De La Ferté-loupière (Place De L'église)

Plus d'infos sur l'exposition La Danse Macabre De La Ferté-loupière

L'exposition La Danse Macabre De La Ferté-loupière a lieu au dans le cadre des Journées du patrimoine La Ferte Loupiere 2017.

La Ferté-Loupière

Le village :

De nombreuses villes ont gardé ce nom de « ferté », qu'on leur donna au Moyen-âge et qui signifiait « lieu fortifié ». Quant au mot « Loupière », il ne semble pas se rapporter aux loups dont la présence aurait été particulièrement nombreuse en ces lieux, mais plus sûrement aux « loupes de fer », car le fer était omniprésent aux alentours et générait une activité importante, depuis les gaulois et les romains.

Le village se situe aux frontières du Gâtinais, de la Champagne et de la Bourgogne. Il est fier d'avoir vu le roi Louis VI Le Gros boire à la source miraculeuse de Saint-Pantaléon ; d'avoir accueilli la Reine Alix (Adèle de Champagne, veuve de Louis VII et mère de Philippe-Auguste). Ses habitants s'enorgueillissent surtout de posséder cette magnifique église.

L'église :

L'église primitive date de la fin du XIème siècle ou du tout début du XIIème siècle : nous savons qu'elle existait en 1137\. Son portail est de pur style roman, ainsi que trois des arcades intérieures de la nef, sur laquelle s'élèvent les constructions gothiques du XIVème et de la fin du XVème siècle. On marche sur trois dallages superposés : le dernier date de 1856\. Les piliers de l'église primitive se trouvent aujourd'hui enfouis sous terre, recouverts par la lente accumulation des alluvions du Vrin au cours des siècles (que l'on évalue à 2m de hauteur en 900 ans). L'église connut et des nouvelles transformations au XVIIème siècle, principalement sous la voûte principale et les bas-côtés et une troisième élévation au XIXème siècle.

Les chapiteaux sont ornés de motifs géométriques et de volutes décorées de feuilles de vigne, de chêne et de végétation d'eau. Un vestige de vitrail du XVème siècle porte les armes de la famille Courtenay. Pierre de Courtenay dut relever l'église gothique - probablement détruite en grande partie au cours de la Guerre de Cent ans - entre 1471, date de son mariage avec Perrine de La Roche et 1504, date de son décès.

Sur le vitrail flamboyant de l'abside, qui date de 1889, on voit, au centre de la rosace, Dieu le Père entouré des douze apôtres en médaillon et, au-dessus, Jésus et Marie. Sur la partie inférieure, sont représentées quatre scènes de la vie des saints- patrons du village. De gauche à droite : Saint Pantaléon guérissant un aveugle, Saint Eloi bénissant Sainte Bathilde, le martyre de Sainte Barbe décapitée par son père et Saint Germain accueillant Sainte Geneviève enfant.

Les peintures murales :

Les peintures s'étendent sur le mur gauche de la nef, au-dessus des trois premières arcades. Ce ne sont pas des fresques au sens technique du mot, mais des peintures réalisées sur enduit sec. Elles ont été mises au jour en 1910, ayant été recouvertes par un badigeon et furent classées par les Beaux-arts le 13 juillet 1911\. En 2009, elles ont été primées par l'Académie des Beaux-Arts qui a décerné le Grand Prix de la Fondation Prince Louis de Polignac à l'église de La Ferté-Loupière.

Cette vaste décoration murale comporte quatre sujets : « un Dict des Trois Morts et des Trois Vifs », la « Danse Macabre », « Saint-Michel terrassant le démon » et une « Vierge de l'Annonciation ».

Le Dict des Trois Morts et des Trois Vifs :

Le thème relate l'histoire de trois jeunes nobles : un duc, un comte et un prince rencontrent soudain, au cours d'une partie de chasse en passant devant un vieux cimetière, trois morts sortis de leurs tombeaux, qui semblent les attendre. A mi-chemin entre squelette et momie, chacun des morts est encore vêtu du linceul dans lequel il fut inhumé et l'un d'entre eux porte un dard - symbole de la mort foudroyante - ainsi qu'un pic de fossoyeur.

Les morts avertissent les gentilshommes de leur fin prochaine et leur disent : « Vous serez comme nous sommes ; par avance, mirez-vous en nous ». Les trois vivants sont invités à renoncer aux vanités des charges, des honneurs et des richesses matérielles et à mener une vie pieuse et chrétienne, s'ils veulent assurer le salut de leur âme

La Danse Macabre :

La Danse Macabre comprend 42 personnages : l'acteur, trois morts musiciens et dix-neuf couples mort/vif. Les morceaux de linceul dont certains morts sont drapés, sont blancs ou de couleur. Les costumes des vivants, fort précis et d'un grand intérêt documentaire, ont des teintes colorées et nous décrivent leurs fonctions. La frise qui sert de cadre à ce tableau est surmonté de dix ornements aux dessins variés, qui s'inspirent des enluminures livresques de l'époque. A La Ferté-Loupière, nous ne possédons pas le texte rimé qu'on trouvait dans les livres ou sous certaines fresques.

La Danse Macabre est un défilé burlesque, une ronde infernale où les morts alternent avec les vivants pour les entraîner vers le tombeau. Elle trouve son origine dans les sermons des offices chrétiens qui, dès le XII ème siècle, personnifient la mort pour s'adresser aux gens de toute condition sociale.

Le succès populaire de ce thème trouve sa justification dans les grands fléaux qui ont décimé les populations française et européenne au XIVème siècle, rappelant sans pitié la vulnérabilité de la vie et l'égalité de tous les hommes devant leur inéluctable fin terrestre.

Les 42 personnages représentés ici sont identifiables par la précision de leurs costumes et de leurs attributs qui offrent un grand intérêt documentaire :

- L'acteur ou « meneur de jeu » : le clerc censé tirer la morale et enregistrer les mérites de chacun dans l'au-delà ;

- Les trois musiciens, qui jouent de la cornemuse, d'un orgue portatif et d'une harpe ;

- Le Pape, représentant Dieu sur cette terre et donc le premier invité à ouvrir la ronde éternelle par le squelette qui lui retire vêtements et ornements : « Peu vaut honneur que sitôt passe » ;

- L'empereur, qui doit à son tour déposer pomme d'or, armes, sceptre, timbre et bannière ;

- Le cardinal, dont les regrets sont vains ;

- Le roi, habitué à pompes et noblesse et qui devra laisser « toute hautesse » ;

- Le légat du Pape dont la mort saisit déjà la croix ;

- Le duc que son « haut état, qui n'est pas le plus sûr », n'épargne pas davantage ;

- Le patriarche à la double croix et qui pourtant jamais ne sera pape ;

- L'archevêque prié aussi de rendre comptes et dettes ;

- Le connétable que la mort emporte, en dépit de son intention d'assaillir encore château et forteresse ;

- L'évêque que sa crosse ne protège nullement ;

- L'amoureux saisi à son tour par la mort qui le pique ;

- L'avocat qui ne peut même plaider sa propre cause ;

- Le ménestrel contraint de déposer sa vielle ;

- Le curé qui tente inutilement de sermonner ;

- Le laboureur qui préfèrerait pluie, vent, ou « être aux vignes » ;

- Le cordelier appelé à amender ses méfaits ;

- L'enfant malgré son innocence ;

- Le clerc dont la tristesse est manifeste ;

- L'ermite, résigné, dont le squelette annonce la fin de la danse et salue le public.

Ainsi le plus riche ou le plus puissant n'aura-t-il qu'un linceul. « Que sont orgueil, force, lignage ? Le dernier mort salue la fin de la danse.

Mort détruit tout ». Hormis la morale universelle de la Danse Macabre, cette fresque est d'un grand intérêt pour l'étude des moeurs et des costumes.

Pour compléter la terrible leçon que les deux premières peintures voulaient donner sur la mort, Saint-Michel terrassant le démon et La Vierge de l'Annonciation offrent aux vivants une note de confiance, une image apaisée et une promesse sur l'art de bien mourir: l'Archange qui chasse Satan du Ciel et Marie priant pour les pauvres pécheurs sauveront de la mort éternelle tous ceux qui les invoquent.

Saint-Michel terrassant le démon :

Cette peinture est la reproduction d'un célèbre tableau de Raphaël. La ressemblance est presque totale. La question se pose de savoir si la peinture serait une copie du tableau de l'artiste, ou bien la reproduction d'une miniature d'inspiration italienne qui aurait elle-même servi de modèle à Raphaël. Seule la datation exacte de la peinture permettrait de trancher. Raphaël peignit son tableau en 1518\. Il fut bientôt transporté à Fontainebleau et à Paris, où l'on peut toujours l'admirer au Louvre.

La Vierge de l'Annonciation :

Dans un encadrement architectural inspiré, ainsi que dans les ornements qui sont agrémentés de quelques miniatures, une femme auréolée d'un nimbe est agenouillée. Elle tient de la main gauche un livre ouvert. Sa main droite relevée marque l'étonnement. C'est, à n'en pas douter, la Vierge Marie recevant le salut de l'Ange qui la surprend dans son oraison. Le geste simple de la main, le sérieux du visage, le mystère du regard, offrent ce quelque chose qui rappelle la candeur naïve et la vie intense des vierges de l'Angelico.